Le village de Sébikotane a été fondé par les Sérères en 1736. Il était circonscrit dans l’aire constituée de nos jours par les quartiers de Kip-Kip, Thiokho et Tanghor. Il fut découvert lors de la célèbre « Marche des Lébous » qui quittèrent le Cayor vers 1791 pour aller s'installer d'abord à Kounoune, dans les environs de Rufisque, ensuite sur les rivages de l'Atlantique en petits groupes familiaux àBargny, à Cambérène, Malicka, etc.

Chemin faisant, l’implantation en 1886 de la gare ferroviaire dotée d’un grand quai d’embarquement lui permit d’exercer une polarisation de toute la zone arachidière du Diender au Dialaw voire se positionner alors en pôle d’attraction économique dans les années 1900. L’aménagement du chemin de fer du Dakar-Niger a engendré la création des nouveaux quartiers de Sébi-Gare, Keury Kao, Ndiola et Sébi Escale.

Son importance va s’accroître avec l’implantation en 1911 du Grand Séminaire Libermann catholique et surtout l’École normale William Ponty en 1938 qui fut un creuset de cadres pour l’Afrique noire francophone jusqu’au début des indépendances en 1960. Le village a connu entre temps une évolution au plan administratif qui est très enrichissante.

En effet, Sébikotane, rattaché au début au Canton de Diender, Cercle de Thiès, dans la Province du Cayor, a été intégré dans le Canton de Rufisque à partir de 1889 lorsque cette ville est devenue Commune de plein exercice, à l'instar de Saint-LouisGorée et Dakar.

L'adoption de la Loi-cadre Deferre de 1956 ayant engendré le statut particulier de la Presqu'île du Cap-Vert, se détachant du Cayor, Rufisque devient District, englobant les nouveaux Cantons ruraux de Sébikotane et de Sangalkam, la localité de Bargny ayant été intégrée dans le périmètre communal.

Au début des années 60, après l'indépendance du Sénégal,une nouvelle réforme administrative, créant la grande Commune de Dakar en 1964 et couvrant tout le territoire de la Région du Cap-Vert, détermine Sébikotane comme étant le siège du 9ème Arrondissement de la Région (administré par un Délégué du Gouverneur, différemment des autres Arrondissements du Sénégal, en dehors de Dakar, dirigés par des Chefs d’Arrondissements). Il englobait tous les villages constituant actuellement les communautés de Sangalkam et de Yenne, en plus de la totalité du territoire communal deDiamniadio.

Cette nouvelle position lui confère à partir de 1966 le statut de zone de Terroirs-test dénommée Section Rurale (disposant d’une petite administration locale autonome par rapport au Conseil Municipal de Dakar au sein duquel siégeait 02 (deux) membres provenant de Sébikotane), constituant le Comité Rural, chargé de la gestion des terres du Domaine National.

A la faveur de la Réforme administrative de 1972, il devient le siège de la Communauté rurale de 1984 à 1996. La zone de Sangalkam se détache et devient en même temps communauté rurale, mais les localités de Yenne et de Diamniadio restent rattachés à Sébikotane jusqu’en 1996.

L’Arrondissement de Diamniadio est alors créé, englobant les deux Communautés rurales de Sangalkam et de Yenne. Sébikotane, devenu Commune de plein exercice, relève directement du Préfet de Rufisque. La Commune de Diamniadio, quant à elle, a été créée en 2002, se détachant de la Communauté rurale de Yenne. Le siège de l’Arrondissement est transféré à Sangalkam.SEBIKOTANE_154